Derniers jours à Cuba, Cienfuegos et La Havanne

Derniers jours à Cuba, Cienfuegos et La Havanne

Posté par : Jean
24 May 2026 à 22h
Last updated 25 May 2026 à 02h
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La Havane, Cuba

J’ai quitté la marina de Cienfuegos pour rejoindre La Havane et récupérer mon ami Jean-Louis, qui arrive à l’aéroport dans quelques jours.
Le trajet en taxi collectif entre Cienfuegos et la capitale coûte de plus en plus cher.

La Havanne,  le Capitole et les vieilles voitures américaines,

Le palais de los capitanos generales,

 

Je loge en plein cœur de la vieille ville, dans un appartement trouvé grâce à Roberto, un Italien installé à Cuba que j’ai rencontré à Cienfuegos.

 

Le café O'Reilly en face mon logement,

La Havane touristique est magnifique : son quartier colonial, ses grandes avenues bordées d’immeubles imposants, parfois d’inspiration soviétique, donnent à la ville un charme unique.

 

La place vieja,

Musiciens de la Habana,

 

Mais dès que l’on s’éloigne un peu du centre, le décor change brutalement : façades décrépies, ordures qui ne sont plus ramassées… et presque plus de touristes, comme partout désormais à Cuba.

La vie ici est plus chère qu’à Cienfuegos ou Santiago. L’inflation continue de galoper et les conversations tournent sans cesse autour du prix de la nourriture, du charbon, ou encore de la présence — ou non — d’électricité et d’eau.

Dans le centre historique, l’électricité, l’eau et même le gaz semblent encore assurés en permanence. Les rues sont propres, mais presque désertes.

Malgré tout, les Cubains restent incroyablement accueillants. Hier, j’ai été invité à déjeuner chez une famille : joie, bromas, musique à plein volume, danse jusque tard dans la nuit… et parties de UNO.
Des moments de partage merveilleux.


 

Salsa pour l'anniversaire,

Et partie de Uno,

 

Les Cubains me prennent toujours pour un Portugais et disent que je parle le « portañol ». Je mélange allègrement espagnol et portugais !

 

À Cienfuegos, Pierro veille sur Sara jusqu’à mardi avant de prendre la direction du Guatemala via les îles Caïmans.
Jean-Louis arrive mercredi. Il faudra qu’il réussisse à dormir un peu dans l’avion, car nous sommes déjà invités à un cumpleaños mercredi soir.

La vie tourne au ralenti. Ce matin, même le café Escorial, sur la Plaza Vieja, n’avait plus de café. Plus d’eau non plus dans une partie de la ville.

 

Retour à Cienfuegos

 

Avec Beni More, célèbre pour sa chanson sur Cienfuegos,

Hasta la vitoria ?

 

Le lancer de l'éparvier sur le Malécon,

 

Jean-Louis s’est remarquablement bien intégré malgré la barrière de la langue.

Hier soir, Estrella nous a préparé un repas dans la maison où nous logeons. Nous avons ouvert la dernière bouteille de rosé du domaine des Baguiers qu’il me restait à bord.

 

Le dernier rosé du   domaine des Baguiers,

De mon côté, j’ai rencontré Yoli et sa fille Ashanti, amies de Lionel et Sihaya, qui m’avaient déjà présenté Pochito. Une très belle rencontre, accompagnée d’un cours improvisé de salsa et de yoruba.

Leçon de salsa improvisée avec Yoli et sa fille,

Malheureusement, la date du départ approche et, une fois encore, il sera difficile de quitter Cuba. Nous devrions appareiller samedi avec un petit vent de travers, en direction des îles du Honduras puis du Guatemala.

Des gens extraordinaires vivent ici dans des conditions difficilement imaginables pour nous.

Les adieux à Cuba

Les derniers moments ont été particulièrement émouvants.

J’ai fait nettoyer une nouvelle fois la coque du bateau à la marina : elle était encore couverte d’algues et de coquillages. Impossible de partir ainsi.

Avant le départ, avec l’aide de Yuleissi, j’ai fait le plein de fruits et légumes au grand marché du samedi matin à Cienfuegos : choux, tomates, concombres, ail, oignons, bananes, ananas… et les premières mangues.

 

Le marché de Cienfuegos,  ravitaillement avant le départ,

 

Le marché était noir de monde, encore plus animé que le cours Lafayette à Toulon un samedi matin.

Nous partons pour cinq à six jours de mer vers le Rio Dulce, au Guatemala, avec peut-être une escale aux îles du Honduras. Nous déciderons en route.

La situation est de pire en pire, étouffée par le blocus américain, qui se renforce encore.

Comment cela va-t-il évoluer ? Jusqu’à quand et jusqu’où tous les nouveaux amis cubains vont ils continuer a souffrir ?

Hier, pour le premier mai, l'affreux bonhomme orange a refait des déclarations belliqueuses sur Cuba. Quel avenir pour nos amis? C'est chaque jour un peu plus difficile. 

Derrière l’allégresse, les bromas, la musique et la danse, il y a aussi beaucoup de souffrance.

J’ai lu récemment un article du Monde sur le ressenti de la population cubaine : il reflète exactement ce que me confient les amis qui ont suffisamment confiance pour parler librement. Car ici, il faut aussi se méfier des « chivatas », ceux qui dénoncent à la police.

Quelles que soient les opinions politiques que l’on puisse avoir sur Cuba, il est difficile de ne pas être bouleversé par les souffrances endurées par la population.

Je quitte le pays avec beaucoup de tristesse et d’inquiétude.

Me revoilà en navigation.

Les conditions de départ sont idéales : une dizaine de nœuds de vent au près, et le bateau avance bien.

La première nuit a été particulièrement calme. Nous n’avons croisé qu’un seul bateau. Jean-Louis et moi avons même réussi à dormir tous les deux, moi par tranches de quarante minutes, avec surveillance permanente à l’AIS.

Quelques petits problèmes de bord tout de même : le winch sous le vent est bloqué et les feux de navigation avant ne fonctionnent plus.

Cap désormais sur le Rio Dulce, au Guatemala.

 

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