De la Guadeloupe à la République Dominicaine, premières navigations en solitaire
Me voilà donc à naviguer moi aussi, en solitaire. Cela faisait un moment que j’y pensais. Cela me faisait envie, en voyant les amis navigateurs connus à Jacaré : Patrick, Michel, Mathieu, mais aussi tous les autres (je ne vais pas tous vous citer, vous qui m’avez donné cette idée).
Je quitte le mouillage du carénage à Pointe-à-Pitre.
Une fois les pleins faits à la marina de Bas-du-Fort, je pars pour cette fin d’année mouiller à l’îlot Gosier.

L’îlot Gosier, petit coin de paradis un peu trop fréquenté,
Retrouvailles avec Fred et Marc sur Ladybird, champagne au coucher du soleil et dîner sur l’îlot pour le début d’année 2026. Marc me donne de toujours précieux conseils sur les mouillages de la côte ouest — mon programme est calé !

Début d’année en compagnie de Fred et Marc,
Après un arrêt photo prévu aux Saintes (spécialement pour Nadine, pour vérifier que cela n’a pas changé), je remonte vers Malendure… mais sans vent !

Les Saintes, intemporelles,

la baie des Saintes,

Guadeloupe, côte sous le vent — l’îlot Cousteau à Malendure
Je file vers Malendure, au portant, avec mon beau tangon. Je remonte la côte sous le vent de la Guadeloupe… mais au final sans vent ! Résultat : longue houle bien désagréable à Malendure. Je fais rapidement mes courses et je repars au moteur vers la magnifique baie de Deshaies, beaucoup plus calme.
Le vent doit revenir jeudi ou vendredi — il y a pire endroit pour attendre !

La belle baie bien abritée de Deshaies,

la plage de Deshaie,
Au nord-ouest de la Guadeloupe, Deshaies est un petit village très touristique. Beaucoup de passage à terre (surtout des retraités français venus visiter le célèbre jardin), et pas mal de monde aussi sur l’eau — mais le mouillage est vaste.
Je visite évidemment le jardin botanique, très pédagogique, en essayant de retenir surtout les noms des arbres.

Jardin de Malendure,

Perroquets du jardin,

Arbre du jardin,
Petite balade jusqu’à Grande Anse, à travers la forêt, pour garder la forme, puis cours de taï-chi au petit matin, sur la plage, avec Aurélie.

Balade à Grande Anse,
Aurélie et Julien, sur leur Sun Fizz, reviennent du Guatemala via Cuba et la République dominicaine. Leurs récits et conseils me confortent dans mes choix de route et d’escales — ça me fait rêver pour la suite du voyage. Merci à eux pour ces beaux moments !
Le lendemain, avec un vent léger et peu de houle, je m’avance tranquillement vers Saint-Martin, avec des escales prévues à Montserrat puis Saint-Kitts.

Les îles accrochent les nuages,
Navigation à la journée, au bon plein, dans 15 nœuds de vent : conditions idéales, pas de grains.
Je traîne un peu la ligne en route : deux beaux barracudas mordent… mais trop près des îles. Risque de ciguatera — je les relâche et je remonte la ligne.

Beau barracuda. Cigaterra ?
À Montserrat, le mouillage est un peu remuant. À Saint-Kitts, c’est nettement plus tranquille et peu fréquenté.
En revanche, Saint-Barth est bondée : yachts énormes et forêt de mâts partout. Je préfère finalement m’arrêter à l’îlot Fourchu :
c’est un mouillage bien abrité, avec des bouées gratuites, peu de monde, et plein de grosses tortues autour du bateau.

Escale technique à Saint-Martin, la baie de Marigot,

Habitant de Saint Martin,
Quelques milles plus loin, me voilà au mouillage dans la grande baie de Marigot, très fréquentée, sur l’île de Saint-Martin. Je décide d’y rester une bonne semaine : c’est la dernière vraie escale technique avant longtemps.
Au programme :
achats de matériel pour le bateau,
petites réparations,
courses (en détaxe),
passage chez le dentiste pour un plombage,
passage chez le coiffeur… qui m’a rasé la tête comme jamais,
plein d’eau et de gasoil.
Les prix sont contrastés :
gasoil : 1,20 € / litre
Ricard : 10 € / litre
Tout le reste est plutôt très cher.
L’alizé s’installe franchement : ça souffle fort dans la baie, clapot serré, et Sara remue pas mal. Peu de baignades, mais des journées bien remplies.
Je me décale à Grand Case : toujours venté, mais moins de mer. J’attends une accalmie… puis je pars de nuit vers les BVI.

Grand Case, plus carte postale que Marigot,
Première navigation de nuit en solitaire — Cap sur les BVI
Départ tout au portant pour Spanish Harbour (Virgin Gorda).
Les conditions sont idéales :
15 à 20 nœuds de vent arrière,
génois un peu roulé et tangonné,
vitesse 5–6 nœuds.
Objectif : arriver de jour — donc pas de précipitation. Merci à Éric pour son article de Voile Magazine sur le tangon, super utile !
Il y a un peu de trafic sur cette route ; je me décale légèrement pour dormir par tranches de 30 minutes. J’arrive frais à Spanish Harbour, fais la clearance, puis vais mouiller à Trunk Bay (Bath Bay).
Le paysage est superbe : énormes blocs granitiques rappelant un peu la Maddalena en Sardaigne… mais avec une foule de catamarans de location !
Je mouille à l’écart, près d’une patate de corail : la chaîne se coince bien — ancrage béton ! Et au départ, ça se libère sans plongée : parfait.

Bath Bay et les catas de loc,
Navigation vers Salt Island et Cooper Island : trop de bouées payantes, pas de mouillage sympa à l’ancre.
Je trouve finalement mon bonheur à Great Harbour (Peter Island) :
calme, bien abrité, pas trop de monde.
J’ai quand même du mal à imaginer que ces coins aient pu être des repères de pirates.
C’est bien civilisé à la mode américaine. Les structures hôtelières magnifiques sont quasiment désertes ?

de belles plages, des hotels presque vides,

Bistrots déserts,
Gros coup de vent à Tortola
À Soper’s Hole, la baie est pleine de bouées ; je dois mouiller par 20 m de fond un peu à l’extérieur. Ce n’est pas l’idéal.
Petit coup de vent du sud, puis gros coup de vent du nord annoncé.
Pas de place sauf sur les bouées bien chères sur l’île de Jost Van Dyke, à Great Harbour.
Je me replie d’abord dans la grande baie de Cane Garden (abri du sud), où je trouve quand même un bel endroit pour mon ancre.

Coucher de soleil à Cane Garden,
Je réserve finalement une bouée à Soper’s Hole, où je reviens pour le gros coup de vent du nord.
Problème : ma bouée est réservée le lendemain par un gros cata — je devrais repartir en mer… en pleine tempête.
Heureusement, la marina me trouve une petite place à quai. Sauvé ! Coincé entre deux gros catamarans, mais en sécurité.
Je fais la clearance l’après-midi pour pouvoir partir le lendemain. Mon plan : passer par le sud de Porto Rico, car la houle au nord est énorme et de travers.

Bien calé à la marina,
Petits cadeaux du hasard :
on me prend en stop sans que je le demande pour aller faire des courses à Road Town… et on me ramène ! (les fruits et les légumes sont très chers et très insipides)
le maître de port divise ma facture par deux quand il voit le montant — et surtout ma tête,
happy hour au bar du coin avec musique — très américain, mais avec quelques Américains un peu roots et sympas.

Happy hours avec les américains,
La vie est chère aux Antilles… mais aux BVI, c’est encore un cran au-dessus !
Cap sur la République dominicaine
Petite fenêtre météo : il ne faut pas traîner.
Deux jours et demi de mer sont prévus jusqu’à Samaná (République dominicaine).
Départ de Soper’s Hole aux BVI, mercredi à 10 h.
Manœuvre pour se sortir des deux gros catas qui me coincent.
C’est parti pour trois jours de navigation ! Je traverse sans m’arrêter les îles Vierges américaines — je n’ai pas de visa US. Je n’ai pas voulu le demander à Donald. Idem pour Porto Rico.
Je fais un détour pour passer au sud de Porto Rico, pour éviter la grosse houle au nord.
Le vent est plus faible que prévu. La mer est belle. Il me faut quand même la risée Volvo pour m’aider un peu de temps en temps.
Je ne vais pas très vite.
Je voudrais arriver de jour à Samaná, mais juste avant la renverse de vent.
Je croise quelques voiliers qui profitent de ce début de renverse pour filer vers l’est et les petites Antilles.
C’est raté pour une arrivée de jour. Au moment où j’entre dans la très longue baie, c’est le début d’une nuit très noire avec une pluie très forte, et le vent est maintenant de face : la renverse de vent.
Je mets le moteur. Pas question de louvoyer la nuit dans la baie qui a pas mal de récifs. Je suis le chenal. Avec le vent et la mer, j’avance à deux nœuds.
Heureusement, il n’y a plus personne sur l’eau — enfin je suppose, parce que je n’y vois rien !
Le temps s’éclaircit quand je rentre dans la petite baie de Santa Bárbara de Samaná.

C’est bon ! Beaucoup de place pour mouiller tranquillement et pas beaucoup de voiliers ni de corps-morts.
5 heures du matin, samedi.
Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit.
Heureusement, je m’étais bien reposé durant les deux nuits précédentes au large.

Sara, tout au mileu en baie de Samana,
Un peu de repos avant de m’attaquer aux formalités de clearance.
Bien rigolo : il faut amener les deux douaniers avec ma petite annexe pour une fouille du bateau — évidemment sans trop les mouiller. La fouille est vite faite. Pas de souci.
C’est long, long, long dans le bureau… mais c’est fait avec le sourire. On m’offre même le café.
Ils sont aussi sympas pour le despacho, l’étape suivante du parcours clearance, mais ils me taxent 20 dollars sans justificatif…

Un premier mojito ce soir…
Je sens que je vais me plaire ici !
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