Deniau is dead
publié le 24 Janvier 2007 18:16
Amis lecteurs de récits de mer de STW et d'ailleurs, mauvaise journée : Jean-François Deniau est mort.
J'aimais bien le bonhomme que j'ai croisé plusieurs fois. En octobre, il assurait encore un jury d'écrivains de marine, le
prix Belem, se levant pour aller discourir à la tribune en s'appuyant sur ses béquilles, tout droit, dissimulant les
souffrances endurées par ce crabe qui le rongeait depuis vingt ans. Il fut brillant, incisif, drôle, dialoguant par
satellite avec une Isabelle Autissier qui croisait à l'époque dans le grand sud vers la Géorgie, tout contente d'être
distinguée pour son livre sur Kerguelen. A la fête qui suivit, assis, épuisé, il savourait à ptites gorgées son verre de
rouge, promenant son regard autour de lui, heureux d'être là, au musée de la marine.
Voilà, dédaignons les hommages des Chirac, Villepin et autres politiques (quel boulot cette semaine !) pour relire "La mer
est ronde" et ne penser qu'au marin qui a été là jusqu'au bout avec une sacrée élégance. Bon vent monsieur Deniau !
Anne

















Triste nouvelle en effet, je n'étais pas au courant.
J'ai eu aussi de la chance de le croiser à des événements. Mais un jour un magazine m'a envoyé chez lui près de Blois pour le
photographier, j'en garde un souvenir profond. C'était quelqu'un de très droit, qui ne triche pas et on le ressent bien dans son
bouquin : "La terre est ronde" que j'ai beaucoup apprécié.
Antoine
Un homme libre, un libéral, jaloux de sa liberté et parfait gentleman, à terre comme en mer.Nos pensées l'accompagnent.
Ce grand Monsieur me fascinait par sa brillante intelligence et son amour de la liberté. Je suis très triste.
Je ne connais de lui que son livre et ses interventions publiques. A coup sûr il aimait la mer et savait faire partager sa passion.
Son bouquin "la mer est ronde" est un condensé d'humour et de finesse. A relire dans ces moments de tristesse. Je salue le
marin.
Istos
Bon exemple de vie.
Merci à lui
Eric
homme bien
J'ai partagé quelques moments avec lui et notamment sa dernière traversée de l'Atlantique pour laquelle j'assurai son assistance
médicale. Je lui avais préparé une pharmacie de bord très complète qui l'avait un peu décontenancé, lui qui sortait de l'hôpital et
qui voulait oublier la maladie. J'avais tellement l'angoisse d'oublier le produit qui lui serait indispensable à « L'hôpital de
campagne » embarqué a tout de même joué son rôle, ni plus, ni moins que pour une traversée classique.
Parallèlement, je lui avais proposé de participer à une expérimentation médicale, ce qui d'ailleurs ne fut pas ma meilleure idée.
L'étude consistait à mettre au point la transmission d'électrocardiogrammes par satellite, ce qui n'existait pas à l'époque. Jean-
François, en aventurier humaniste a accepté le projet avec enthousiasme, considérant en plus, qu'avec ses antécédents
cardiaques, cette étude pouvait aussi lui être utile. Là était mon erreur ! Car l'aléatoire d'une expérimentation ne doit pas en
faire un élément indispensable. Il était donc interdit que je me rate, il fallait que le système fonctionne parfaitement pendant le
mois de traversée. Pas question non plus de lui demander de bidouiller dans le programme étant donné son aversion profonde
pour tous ces équipements modernes.
Avec un ami, nous l'avons rejoint à Las Palmas, sur le catamaran. Nous avions 2 jours pour tout installer. Dès notre arrivée, les
ennuis ont commencé avec des incompatibilités entre notre matériel et le standard C embarqué (on n'avait que du C à
l'époque !). Il a fallu que nous fassions venir en urgence du matériel depuis la Bretagne, le tout en une journée, une vraie
galère. Nous avions vraiment une grosse pression, mais Jean-François nous faisait confiance et était assez peu préoccupé par
ces aspects matériels. Il nous racontait ses aventures en Mauritanie ou en Afghanistan avec les talents de conteur qu'on lui
connaît. Nous on écoutait, c'était bon pour la détente mais ça ne faisait pas avancer la préparation !
J'aurai aimé prendre du temps pour partager plus longtemps ces instants magiques. Mais il y avait un peu de travail. Je crois que
nous n'avons pas dormi les 2 nuits précédant son départ car il a fallu tout reprogrammer. Jean-François se prêtait de bonne
grâce aux essais. J'ai
encore les images d'une transmission dans le bateau à 2 heures du matin. Il était torse nu, couturé de partout, avec une dizaine
d'électrodes collées sur le thorax. Tout cela l'amusait, il était patient, attentif et curieux et considérait, à juste titre, que ce
travail pouvait être utile à tous. C'était pour lui, je pense, un moyen de "renvoyer l'ascenseur" à cette science qui lui permettait
encore de vivre malgré un cancer et des problèmes cardiaques. Il m'avait soigneusement caché son passé médical au moment
où il m'a demandé de le prendre en charge pour cette traversée. Pressentant un refus possible, il avait tout fait pour retarder
mon enquête auprès de ses médecins.
C'est ainsi que j'ai appris, 15 jours avant le départ, que le chirurgien cardiaque très connu qui l'avait opéré quelques mois avant,
s'opposait formellement à cette traversée. Pas facile. Les médias en rajoutaient aussi. « Deniau part se suicider en mer ! ». La
pression était forte, mais de quel droit pouvais-je l'empêcher de vivre un rêve qu'il avait construit du fond de son lit d'hôpital ?
Comme il me l'a dit souvent, cette idée de traversée était devenue son obsession et sa raison de vivre « si je m'en sors, je
traverserai l'Atlantique ». Il fonctionnait comme cela, Jean-François, et ces défis permanents, cette projection positive dans
l'avenir ont été autant d'années gagnées face à la maladie. J'ai donc décidé de l'accompagner malgré les risques, pour lui donner
la liberté de vivre son rêve. Jusqu'à la dernière minute, nous avons travaillé à bord. Après quelques péripéties supplémentaires
et la venue à bord de Nicolas Hénard, le bateau est parti. Je le vois encore quitter le port, avec tout ce matériel compliqué qui
devait tenir un mois dans l'humidité et la chaleur !
Finalement tout a correctement fonctionné et tous les jours je recevais les signaux de son coeur que je m'empressais de
renvoyer à ses différents médecins.
Nous étions probablement dans cette logique positive que savait imposer Jean-François, avec cette confiance dans l'être
humain qui lui ont permis d'être ce beau combattant de la Vie.
La mer est ronde, ses criques orphelines depuis que JFD vient de remonter son mouillage.
Les pavillons sont en berne, nos coeurs aussi, mais déjà à l'horizon se pointe cette brise chargée de promesses .
Notre prochain bord sera pour vous Jean François.
Allez Conrad, passez-moi le rhum!
Respectueusement
François
Les " marins - politiciens " sont rares...
Les "marins - politiciens - accadémiciens " sont encore plus rares...Nous avons eu la chance d' en connaître un...Merci Monsieur
Jean François Deniau.
Merci Anne d'avoir ouvert au vent du large cet hommage à Jean François Deniau... il était tout à la fois la lumière que l'on guette
en venant du large, l'assurance et la fierté d'aimer la Mer, et surtout l'humilité face aux éléments et aux détours qui déterminent
souvent notre vie. Un homme vrai et un marin passionné que l'on pouvait croiser dans l'univers des médias comme "une bouée
sifflante" cherchant à prolonger la vie dans le brouillard des estuaires..Christian.
"Je me souviens... tel l'echo qui se répercute après que le son se soit éteint" ...
Ceux de la mer ne sont pas près de vous oublier Monsieur Deniau.
Sophie S/Y Enomis
Merci ANNE
J'ai la chance de voir Mr DENIAU aux Festival ETONNANTS VOYAGEURS à ST MALO...Quel homme ! Passionnant, captivant et
plein d'espoir....
Quel monument! C'est à Granville que dès son enfance il à commencé à naviguer; il a 12 ans quand il rédige des tracts pour la
résistance et accompagner son frère Xavier qu'il va rejoindre en Indochoine en 1949 c'est de ce moment là qu'il va entrer après
des études de droit à L'ENA et faire la connaissance de VGE voila l'homme politique, le diplomate et le grand serviteur de l'état.
Mais pour nous il est un marin, et c'est toujours parmi ceux qui naviguent qu'il trouvera le réconfort que les desillusions de la
politique lui infligeront.
Je ne suis pas un homme politique ce n'est donc pas là que je vous ai rencontré, je ne suis pas énarque donc ce n'est pas là je
n'ai pas été embassadeur, ni ministre là non plus je ne vous ai pas croisé, alors? Je suis un de vos lecteurs et cardiaque et j'aime
la mer et les océans, alors c'est là car si le sillage d'un navire semble disparaître quelques temps après que l'étrave est fendu la
houle le souvenir de tous ceux qui ont navigués sur le dos de la bête est inaltérable pour l'océan.
Monsieur, votre souvenir, votre courage et votre passion commune à la nôtre feront que nous ne vous oublirons pas.
Votre bibliographie est si longue qu'on ne peut pas l'énumérer ici , pourtant je citerai celui qui est votre dernier ouvrage: "
SURVIVRE " chez Plon en 2005
Merci Monsieur DENIAU
Gilles de RAUGLAUDRE à La Rochelle
Jean-François Deniau:
J'ai beau chercher, je ne vois pas d'autres hommes situé à droite dans l'échiquier politique, qui ait su touché les hommes
de tout bord, par ce language humaniste si rare dans ce milieu où l'ambition prime sur le reste.
Et cet optimisme omniprésent qu'on lui connaissait, alors qu'il se savait condamné, force l'admiration.
Je le place dans mon coeur au coté des Moitessiers et autres porteurs de rèves...
Salut Lorenzo,
Ton "situé à droite dans l'échiquier politique" est de trop.
Bernard
Exact, droite/gauche, est ce que cela veut dire quelque chose aujourd'hui à l'heure du mondialisme ..........par contre, affirmer
que c'était un homme, un vrai, un humaniste, un tolerant ... alors, là oui, cela a une signification que ce soit hier, aujourd'hui ou
demain .....
Tout à fait d'accord avec toi Alain...
De toute façons ici, dans cet hommage à ce grand Monsieur, droite, gauche, nord, sud... tout ça n'a plus guère d'importance...
Je relis en ce moment "l'Atlantique est mon désert"... je l'avais à bord... et j'avais oublié combien l'"homme" était aussi poête :
"La Voie lactée est un immense courant qui traverse le ciel du sud au nord, attention de ne pas y être emporté.
Elle est peuplée de millions et de millions d'autres étoiles qui sont des animaux bizarres et inconnus, des bêtes de profondeur de
la jungle, au nez de tapir et aux antennes de criquet, à la robe mi-partie rayée comme si elles n'avaient mis que leur pantalon de
pyjama.
La vague rumeur de voix déjà mortes qui entoure le bateau la nuit est la leur.
Il ne faut pas s'inquiéter, elles ne sont pas méchantes.
Et si elles cherchaient à embarquer ?
Là, à tribord sous la poupe, vient de tomber une étoile filante. Râté."
Sûr que lorsque tombera ma prochaine étoile filante, mes pensées iront ves vous Monsieur Deniau.
Sophie S/Y Enomis.
Vous m'agacez.
J'en étais là à dresser un petit tableau sincère et vous l'entachez vous même en introduisant une remarque
parfaitement déplacée.
Gardez vos esprits critiques polémiques pour des débats autrement plus importants.
Y'a pas de polémique Lorenzo, il n'y a que de l'émotion.
Tu as très bien décrit Monsieur Deniau dans ta phrase qui pourrait être mienne :
"je ne vois pas d'autres hommes situés à droite dans l'échiquier politique, qui ait su touché les hommes de tout bord, par ce
language humaniste si rare dans ce milieu où l'ambition prime sur le reste "
... mais c'est vrai aussi que dans la mort l'orientation n'a plus trop d'importance.
C'est du moins ce que je voulais dire dans ma réponse précédante.
Sophie
"dans la mort l'orientation n'a plus trop d'importance."
C'est bien ce que sous-entendait mon intervention.
Bonsoir tout le monde....
Tu as raison, Lorenzo, Deniau etait un homme de droite, pas de gauche, et c'est vrai aussi qu'il avait des idées de droite, ça
n'enleve rien à son amour de la vie et des autres, et son parcours est bien enviable .....
Amicalement Pascal
Vous etes bizares! Deniau était un homme de lettres, un homme politique , un diplomate, un aventurier mais surtout c'était un
homme de mer! alors on se met en rang un rang babord un autre tribord et on rentre en classe; les grands n'ont rien d'autre
que de l'humanité et babord ou tribord que le premier qui sait la vérité me le dise!
En attendant on fait gaffe aux feux, aux cheneaux et on s'occupe de ramener le bateau à quai.
Le reste Monsieur Deniau vous l'a écrit, ce qu'il aime c'est l'homme alors combien de babordais et de tribordais depuis les
origines de l'humanité?????????????????????????
Gilles de La Rochelle
Si j'avais su que mes propos allait soulever une tempête dans un verre d'eau, je me serais bien abstenu d'écrire le mot
qui n'a d'importance que pour ceux qui lui donne trop.
Nous sommes tous admiratif de l'homme qui nous a quitté, et il nous manque tous, c'est bien cela qui nous rejoint.
Je propose que nous arrêtions là le petit différent.
T'inquiète pas Laurenzo... je suis le débat parce que j'ai Internet en ce moment (un luxe pour moi depuis ma bahia perdue...)...
A mon humble avis, (mais ce n'est que mon avis), tu n'as rtien dit d'anormal.
En final nous en sommes tous à n'avoir qu'un seul regrêt : celui que Monsieur Deniau nous ai quittté.
Une page d'histoire vient de se tourner...
Sophie S/Y Enomis
Salut Lorenzo,
Tu sembles regretter tes propos partisans, complètement déplacés sur ce forum apolitique et surtout dans ce fil-hommage.
Si vraiment ce n'était qu?une maladresse, si vraiment tu regrettes, alors prouve-le : mets ton post à la corbeille et remplace-le
par le même où tu auras simplement ôté les deux mots : « de droite ».
Bernard
Il n'y a pas de doute là dessus:
vous avez transformé une simple mise en situation, en engagement politique.
Jean François Deniau, a su se faire aimer de tous, même de ceux ,comme moi, qui ne partageait pas ses idées politiques.
Cela me parait, à moi, un bel hommage. Que bon nombres ont du formuler en leur fort intérieur.
Ils sont tellement rares les hommes fédérateurs.
Jean-François Deniau était un homme public que beaucoup ont apprécié, et cela n'a pas été forcément la mer, le
fixateur de cet attachement.
Voici ma dernière contribution sur ce fil.
Que vivent les poètes !
Salut Lorenzo,
Tu confirmes donc que ton post témoignait de tes idées politiques.
« Simple mise en situation » dis-tu ? Tu nous prends vraiment pour des imbéciles.
Puisque l?auteur refuse de supprimer son post politique, je demande au modérateur de bien vouloir le faire.
Bernard
Vous êtes un peu nuls les mecs dans vos querelles stériles... C'est à me faire regretter d'avoir initié ce forum... D'accord
Deniau était de droite. Malraux aussi, et que dire de Céline qui lui était d'extrême droite. Il n'empêche que ce sont avant
tout des écrivains...
Ah, au fait Anneb, le titre de ton fil, en anglais, pour rendre hommage à un académicien ardent défenseur du français, un peu
étrange, non ?
Mais sans rancune, car à part la pollution (politique, "imbéciles", "cons"), ce fil est de bonne tenue et on y parle formidablement
bien de Deniau.
Oh lalala... mais ce n'est pas un débat politique, c'est un hommage à ce grand Monsieur qu'a été Jean François Deniau !!!
Aucun respect de celui qui n'est plus là...
Qui peut me dire les titres des tous premiers livres de JF Deniau et si on peut encore se les procurer... et où?
Merci
Sophie
Pourquoi les gens qui viennent chercher la bagarre sur le forum , en parlant q'un ton belliqueux ou impoli, sont-ils (presque
toujours) des anonymes;
Benoit
Jean François DENIAU n'est pas mort, son esprit plâne sur nous et le sera plus encore le jour tant attendu de la libération
d'Ingrid Bettancourt, dont il aura contribué à travers notamment du prix Sakharov pour la liberté de l'esprit, qui s'active à faire
libérer des prisonniers de tous bords politiques à travers le monde.
Je feuilletais ce matin même : le dictionnaire amoureux de la mer, et me suis aperçu de l'avoir en double dans ma bibli,ce serait
avec plaisir d'en envoyer un exemplaire à Enomis.
Sa biographie et bibliographie est présente sur GOOGLE, ainsi que sur WIlKIPIA
Bon vent
François
joursdefetes@hotmail.com
Je te remercie François.
Ça me ferait vraiment plaisir si ce recueil me parvenait.
Je peux te donner une adresse... mais ce n'est pas la porte à côté... ce sera en Argentine !
Je vais y arriver sous peu.
Et puis cette phrase que je viens de lire, (je profite d'avoir libre accès à Internete en ce moment)... cette phrase qui parlait d'un
village...
Elle a pris un autre sens aujpourd'hui :
"Il y a le bout du monde... et c'est après..."
A bientôt Monsieur Deniau !
Sophie S/Y Enomis
Tu as raison Sophie, le bout du monde c'est ..... plus loin..... toujours plus loin..... le tout est de savoir avec qui et comment on
y va ....Et ca , c'est une sacrée question.... si quelqu'un a la réponse ...... je suis preneur, mais vraiment preneur .....
Mais SEUL on y va Alain... seul... on est toujours seul pour y aller...............
Sophie
Ben, c'est con alors, parceque moi je veux bien y aller........mais pas tout seul.....Tu connaitrais pas quelqu'un qui veut
m'accompagner ????
Il surfé sur l?eau comme sur les mots, avec deux grandes convictions la Paix et la Démocratie.
Qu?il a défendu au péril de sa vie. Il n?était pas dupe de la politique.
Le reste est insignifiant.
Pascal
La boucle est bouclée, selon son voeux ses cendres ont été dispersées hier en mer d'Iroise. On pensera à lui quand on sera
en balade entre Ouessant, Molène et Sein...