Témoignage foudre
publié le 29 Juillet 2006 18:13
Bonjour,
Je réalise un dossier sur la foudre pour un magazine nautique. Je recherche le témoignage d'un navigateur ayant connu un
violent orage lors d'une traversée.
C'est urgent (je boucle l'article lundi).
Merci
Dirk Basyn
Tél. 02 31 09 26 71/06 12 59 38 88
dirk.basyn@wanadoo.fr

















J'ai vécu de nombreux orages en méditerranée il y a qq années. Nous étions 2 bateaux en ce qui me concerne j'ai eu un répétiteur ST 50 qui était devenu
muet (mais qui a été réparé sans frais!!!!! par RAZ) quand au 2em bateau il a reçu la foudre sur son antenne VHF (en haut du mat) qui a explosée et
tous son electronique a dégagée.
En ce qui me concerne je suis contre le fait de saisir une chaine sur le mat et la laisser trainer dans l'eau (ce que conseille certains) car je ne veux pas
devenir le paratonerre du lieu ce n'est pas la peine de tenter le diable
René
Oui nous avons reçu la foudre. Mais ton article est sûrement bouclé aujourd'hui.
Si ca t'intéresse toujours je peux t'en ditre le détail.
Salut
Balou,
Nous tous de STW, nous sommes friands de ton expérience. Il semble que le nombre de ceux qui ont été foudroyés est faible.
Alors que le risque semble électriquement élevé (l'électricité statique aime beucoup les pointes et, en mer, le mat d'un voilier
ressemble beaucoup à une pointe isolée et je ne comprends toujours pas pourquoi il n'y a pas plus de voiliers foudroyés). Alors
Balou, oui, raconte, merci.
Au fait, vous savez tous coment éviter la foudre en mer? C'est évident: il suffit de ne pas se mettre sous un arbre! Facile non?
Pourquoi n'y a-t-il pas plus de voiliers foudroyés ? et bien tout simplement parcequ'un paratonnerre n'a qu'une efficacité
très limitée sur un rayon de l'ordre de sa hauteur.
Il suffit pour s'en convaincre de faire l'observation suivante :
Les paratonnerres sont implantés SUR les toits.
Si la protection couvrait une grande surface, il serait logique d'implanter les paratonnerres a L'ECART des toits pour
écarter le danger.
C'est très précisément parceque la protection est restreinte que le partonnerre est implanté sur la zone à protèger, son
rôle étant plus de gêrerau mieux l'éventuel apport énergétique de la foudre plutot que d'écarter le danger.
Dans ces conditions, la vraie question n'est pas d'évaluer l'influence de la présence d'un mat sur la probabilité pour un
navire d'être frappé par la foudre, mais plutot celle de connaitre celle de la "dérivation" de la foudre qui s'initie à
proximité immédiate du navire par le dit mat.
Rationellement, que la foudre s'initie à quelques mètres du bateau ou sur le mat ne change strictement rien aux dommages
électromagnétiques et/ou structurels.
Un autre facteur qui peut expliquer la rareté des témoignages de foudroiement peut être aussi....la rareté du phénomène. Il
me semble que la fréquence annuelle de ce type d'accident est de l'ordre de 1/1.000.000 soit environ 60 pour la France ce
qui est, au delà de la gravité pour les victimes, relativement rare. Sur un plan statistique, ce nombre est du même ordre
que le nombre de gagnant au gros lot du loto...
j'ai lu (et souvent ressasse dans ma tete pendant les quarts de nuit orageux) que la foudre tombait beaucoup moins
frequemment en mer (sur une surface donnée, disons 1km2) qu'a terre pour la meme surface. mais je ne sais pas si c'est vrai et
si oui pourquoi? qui a un avis?
Souvenirs de lectures et de visites au Palais de la Découverte:
La foudre 'tombe' lorsque la différence de potentiel (ddp) entre le sol et le nuage permet de vaincre la résistance de l'air.
Pour faire baisser la DDP, n'importe quel conducteur relié au sol fait l'affaire. La baisse du champ électrique autour d"un mat relié
à la masse (la mer) suffit à expliquer pourquoi en mer on voit parfois l'éclair tomber pas loin du bateau alors que le bon sens
voudrait qu'il tombe sur le mat (plus élevé qu'une vague). En fait, la hauteur du mat est négligable par rapport à la distance sol-
nuage, mais la baisse du champ électrique autour du mât protège relativement le bateau.
Par contre, toutes les pointes, par ionisation de l'air en présence d'une grosse DDP, ont tendance à faire baisser la résistance
de l'air et donc 'attirer' la foudre. C'est les feux de St Elme sur les piolets de 'Tintin au Tibet'.
En mer, les vagues font office de 'pointes'.
En conclusion: Reliez votre grément à la mer en évitant les chemins suceptibles de générer un incendie ou une voie d'eau au cas
ou vous jouriez de malchance.
Et surtout, évitez les pointes sur votre mat (ou alors reliez les à la mer par un cable de forte section, au cas où..)
Réponse à STW au sujet de la foudre :
Tout ce qui est dit dans les commentaires est vrai.
La foudre tombe rarement sur le mat où elle causerait d?énormes dégâts comme la fusion possible d?haubans.
Dans notre cas elle est tombée ,ce dimanche 10 septembre 1996 en route de Majorque à Minorque, à coté mais pas sans
conséquences comme par exemple un fort courant électrique induit dans le mat causant l?aimantation du pont de notre bateau
en acier et la mise hors service du compas.
L?orage est souvent précédé d ?effluves.
Avant le coup de foudre, pendant que je débranchais une antenne j?ai vu s?illuminer le câble coaxial entre mes doigts comme un
néon.
Il vaut mieux ne pas sortir du cockpit.
Pendant que je m?occupait de l?électronique, mon équipière qui était allé dans le cockpit pour ajuster l?écoute de l?artimon qui
faseillait a pu voir la boule de feu tomber juste à notre coté. Le coup de canon qui l?accompagnait lui a causé
étourdissements ,troubles d?équilibre et plus tard d?audition.
Toutes les conséquences de ce coup de foudre rapproché ne nous sont pas apparues immédiatement.
Si la défaillance du compas s?est révélée rapidement, nous n?avons vu les dégâts au feu et à l?antenne en tête de mat que le
lendemain en trouvant des débris sur le pont.
A l?arrivée au port de Mahon, nous avons cru à un mal de terre ordinaire là où il s?agissait d?une grave lésion aux tympans.
Le fusible de la VHF était grillé mais cela ne l?a pas vraiment protégé. Elle remarchait? un peu et j?ai mis beaucoup de temps
avant de comprendre qu?elle était morte.
La morale de cette histoire.
Les orages ne durent généralement pas très longtemps, et sont souvent précédés et suivis par du petit temps, aussi je ne
réduis pas toujours la voilure longtemps à l?avance et me contente alors de laisser un peu courir, vent de travers quelques
instants. Plutôt que de reprendre de l?écoute d?artimon ,relâchée pour la man?uvre, il vaut mieux abattre encore un peu plus en
attendant et ne pas sortir trop tôt.
A l?intérieur d?une coque métallique on est complètement à l?abris de la foudre. C?est une cage de Faraday.
Les haubans d?un bateau en fibre ou en bois jouent le même rôle à condition d?être électriquement reliés entre eux par le bas
et/ou à la mer. ( Sur notre Edel 4 j?installais toujours une chaînette aux pieds les haubans et je la faisais tremper dans l?eau en
car d?orage)
En cas de dégâts sur les antennes, faire vérifier les émetteurs de radio !
L?orage peut aussi être un spectacle qui vaut tous les feux d?artifices du 14 juillet.
Nous en avons vu un tel dans la mer Ionienne au retour de la Grèce. En voici le récit.
Samedi 24 à lundi 26 juillet 1999: traversée GRECE-SYRACUSE (SICILE)
On a fait 50 milles depuis ce samedi matin lorsqu'un très gros orage se présente devant nous. Il y a beaucoup d'éclairs et je
débranche les antennes. Celle de la HIFI continue à amorcer et il faut la mettre en court-circuit. On fini par dévier de notre route
pour laisser l'orage sur le coté et nous faisons même demi-tour. On voit sous les nuages des colonnes de feu et des guirlandes -
c'est un spectacle. Et il ne pleut pas. Le phénomène se rapproche malgré notre fuite puis passe par dessus nous mais sans les
colonnes de feu et avec de la pluie. On en profite pour reprendre notre route et on voit sur le radar que la pluie dérive sur notre
arrière. On a échappé à la foudre. La suite de la traversée se fait avec de la houle et beaucoup de moteur tantôt avec et tantôt
sans les voiles. Mon équipière n'en peut plus. Elle est malade du mal de mer et de vomir. Deux jours sans manger et de très
mauvaise humeur. Enfin on arrive dans la baie de Syracuse lundi soir à 21 heure. On s'y prend à deux reprises pour crocheter
l'ancre et on remouillera le lendemain avec deux ancres et beaucoup de chaîne dans la rade peu profonde.
ce 14 septembre à 23 heure je vous écris de la région parisienne en plein orage avec moult éclairs!!!
JE me suis toujours posé deux questions:
1) est ce que le fait de relier chaque ridoir avec un morceau de chaine à l'eau ne va pas précisément 'attirer' la foudre sur le
bateau à cause d'une différence de potentiel? En d'autre terme; est ce qu'il faut mieux ne rien faire?!
2) est ce que ma manip vous semble bonne: j'ai coupé 4 fois 2 metre de chaine de 8 et je fais deux à trois tours autour des
ridoirs (les galaubans et bas aubans sont sur le même point d'accroche) , et je pose les deux autres chaine sur le pataras et
l'étais.
Est ce que la manip est bonne ou complétéement illusoire?( la surface de contact d'une chaine n'est pas extra, et le transfert de
charge d'un maillon ne doit pas être terrible....)
Merci à l'avance de vos conseils et expériences
Philou
Sujet de réflexion :
Des méthodes sont décrites.
Ces méthodes ont été employées avec succès par les diffrénets expérimentateurs qui en apportent le témoignage.
Ce témoignage confirme que, en employa,t ces méthodes, les expérimentateurs n'ont pas été touchés par la foudre.
Ceux qui n'employaient pas ces méthodes...non plus...
j'ai pratique un truc semblable une fois, me souveant de conseils d'anciens. cela a l'enorme avantage d'occuper le chef de bord
pendant un temps plus ou moins long, de donner l'impression a l'equipage qu'il (le skipper) maitrise la situation, bref ca destresse
(un peu) et en plus ca ne fait de tort a personne...surtout si la foudre en a decide ainsi...
bon vent