que faire ?
publié le 22 Décembre 2004 11:53
Un matin, très tôt, je suis réveillé par le bruit d'un gros hélicoptère.
Notre bateau est paisiblement amarré dans un petit port de FUERTEVENTURA.
Le matin est très froid et humide quand j'ouvre les panneaux de la descente pour voir ce qui se passe dehors. La présence d'un tel hélicoptère n'est pas un signe de bon présage, pensai-je : un accident ou quelque chose de ce genre.
Nous sommes à quelques pas d'un spot touristique, pour ne pas dire autre chose. Il y a quelques touristes empâtés en mal de bonne forme qui se sont levés tôt pour leur footing matinal. Ils sont là, comme moi à se demander ce qui se passe. Les gens se pressent de venir près de notre bateau, l'hélicoptère nous survole toujours.
Je ne perçois aucune fumée ou autre signe de catastrophe quand les premières voitures de la police arrivent suivies des véhicules de la Croix Rouge espagnole.
Il fait toujours froid, j'enfile rapidement les vêtements que la veille j'ai abandonné dans notre carré. Mon instinct me prévient qu'il n 'y a pas de danger pour nous, mais qu'ici, pas loin, d'autres souffrent. De quoi ? je ne sais pas.
L'hélicoptère est toujours en train de nous survoler avec son bruit qui ne serait pas supportable longtemps. Egoïstement je commence à penser qu'il devrait aller voler plus loin plus haut, son souffle se sent dans notre bateau et nous fait même gîter. La façon dont il est piloté me rend nerveux, et il y a de plus en plus de badots qui s'agglutinent contre la grille qui nous sépare du quai.
Le vent est de Sud-Est et une rafale aurait vite fait de le plaquer sur nous et les personnes qui nous entourent.
Ce n'est manifestement pas un hélicoptère de la police, et je comprends enfin, ce qui se passe quand j'aperçois la vedette de sauvetage en mer qui se présente à l'entrée du port. Il ne s'agit pas d'un accident, mais de la récupération des pauvre émigrants qui sont arrivés ici, poussés par le vent.
Leur embarcation accompagnée d'un pneumatique de secours en mer accoste sur le dernier ponton de ce petit port. Ils ont dû parcourir au minimum 80 à 100 milles ces derniers jours. Cela a dû leur prendre plusieurs jours et nuits pour venir d'Afrique. Leur embarcation, une patera qui ne dépassait pas les 6 mètres de long sur 2 de large, je compte quelque 40 personnes qui débarquent . Mel, ma femme , ma compagne, est réveillée et me demande ce qu'il se passe, je ne peux lui répondre que quelques mots : "Rien, une patara de plus" et m'éloigne pour qu'elle ne voit pas les larmes qui se sont subitement présentées à mes yeux.
J'en ai compté 40 ! A ce moment-là je me souviens du reportage de RFI trois semaines auparavant des deux reporters français qui volontairement avaient fait un voyage similaire. CHAPEAU A EUX; Ils étaient sûrement inconscient.
Ici, je connais un peu la houle et les alizés, c'est navigable pour nos voiliers, mais quand elle est contrariée par les vents d'Est ou Sud-Est c'est une autre histoire. Et, c'est à ce moment précis que les pataras prennent la mer pour quitter l'Afrique. Elles se trouvent en mer au large des côtes et comme on dit "au grès des vents et courants", mais ici, il ne s'agit pas de poésie.
Cette patara, je l'ai appris le lendemain par les journaux locaux, transportait 2 morts Il y avait 14 disparus, 44 survivants dont 2 femmes, et tous aller chercher un monde meilleur.
Le personnel de la Croix Rouge espagnol fait bien son travail, dispense les premiers soins, essaye de les rassurer, donne nourriture, vêtements secs. Après avoir changé de vêtements devant les caméras de la police et les touristes amassés derrière la grille, sont assis à la queue-leuleu en attendant d'autres voitures pour les emmener, je ne sais où !
La police ici, aussi est avec eux très correct, ce n'est pas le cas de ce qu'on pouvait voir de loin à Almérimar où la Croix Rouge n'était pas présente. Moi comme un con, je suis là, à tourner en rond sur le ponton en pleurant. A ce moment, je ne peux rien faire pour les aider, leurs yeux sont grand ouvert, fixes et vides. Il est évident qu'il sont terrorisés et ne doivent pas comprendre ce qu'il se passe autour d'eux. Je ne peux pas les approcher, même seulement pour leur donner des cigarettes, leur parler, les réconforter, leur toucher la main ou même leur dire "bravo pour leur courage". Alors j'arrive à me demander si à leur place je n'aurais pas les mêmes envies de venir en Europe dans une des grandes capitales magiques comme ils en ont entendu parler ou vu à la Télévision.
Combien de courage ou de misère leur faut-il pour quitter leur pays et famille : traverser le Niger, les déserts du Mali, le Maroc et la mer pour rejoindre ce miroir aux allouettes qu'est peut-être l'Europe pour eux ?
Je ne sais pas si j'en aurai moi-même le courage. Et pour une patara arrivée, combien de disparus emportés par les courant qui traversent l'Atlantique sur des milliers de kilomètres ? COMBIEN ? Je ne sais pas ....
IL ME SEMBLE QUE L'Afrique se vide de ses peuples les plus nécessiteux d'une meilleur vie et des plus courageux ! Il faut que cela cesse, il est sûrement temps de rendre à l'Afrique sa fierté et ses richesses. Un contient qui mérite un grand respect et qui au cours des siècles n'ait fait qu'être pillié.
C'est aussi ça la mer. loulive et Mel
Notre bateau est paisiblement amarré dans un petit port de FUERTEVENTURA.
Le matin est très froid et humide quand j'ouvre les panneaux de la descente pour voir ce qui se passe dehors. La présence d'un tel hélicoptère n'est pas un signe de bon présage, pensai-je : un accident ou quelque chose de ce genre.
Nous sommes à quelques pas d'un spot touristique, pour ne pas dire autre chose. Il y a quelques touristes empâtés en mal de bonne forme qui se sont levés tôt pour leur footing matinal. Ils sont là, comme moi à se demander ce qui se passe. Les gens se pressent de venir près de notre bateau, l'hélicoptère nous survole toujours.
Je ne perçois aucune fumée ou autre signe de catastrophe quand les premières voitures de la police arrivent suivies des véhicules de la Croix Rouge espagnole.
Il fait toujours froid, j'enfile rapidement les vêtements que la veille j'ai abandonné dans notre carré. Mon instinct me prévient qu'il n 'y a pas de danger pour nous, mais qu'ici, pas loin, d'autres souffrent. De quoi ? je ne sais pas.
L'hélicoptère est toujours en train de nous survoler avec son bruit qui ne serait pas supportable longtemps. Egoïstement je commence à penser qu'il devrait aller voler plus loin plus haut, son souffle se sent dans notre bateau et nous fait même gîter. La façon dont il est piloté me rend nerveux, et il y a de plus en plus de badots qui s'agglutinent contre la grille qui nous sépare du quai.
Le vent est de Sud-Est et une rafale aurait vite fait de le plaquer sur nous et les personnes qui nous entourent.
Ce n'est manifestement pas un hélicoptère de la police, et je comprends enfin, ce qui se passe quand j'aperçois la vedette de sauvetage en mer qui se présente à l'entrée du port. Il ne s'agit pas d'un accident, mais de la récupération des pauvre émigrants qui sont arrivés ici, poussés par le vent.
Leur embarcation accompagnée d'un pneumatique de secours en mer accoste sur le dernier ponton de ce petit port. Ils ont dû parcourir au minimum 80 à 100 milles ces derniers jours. Cela a dû leur prendre plusieurs jours et nuits pour venir d'Afrique. Leur embarcation, une patera qui ne dépassait pas les 6 mètres de long sur 2 de large, je compte quelque 40 personnes qui débarquent . Mel, ma femme , ma compagne, est réveillée et me demande ce qu'il se passe, je ne peux lui répondre que quelques mots : "Rien, une patara de plus" et m'éloigne pour qu'elle ne voit pas les larmes qui se sont subitement présentées à mes yeux.
J'en ai compté 40 ! A ce moment-là je me souviens du reportage de RFI trois semaines auparavant des deux reporters français qui volontairement avaient fait un voyage similaire. CHAPEAU A EUX; Ils étaient sûrement inconscient.
Ici, je connais un peu la houle et les alizés, c'est navigable pour nos voiliers, mais quand elle est contrariée par les vents d'Est ou Sud-Est c'est une autre histoire. Et, c'est à ce moment précis que les pataras prennent la mer pour quitter l'Afrique. Elles se trouvent en mer au large des côtes et comme on dit "au grès des vents et courants", mais ici, il ne s'agit pas de poésie.
Cette patara, je l'ai appris le lendemain par les journaux locaux, transportait 2 morts Il y avait 14 disparus, 44 survivants dont 2 femmes, et tous aller chercher un monde meilleur.
Le personnel de la Croix Rouge espagnol fait bien son travail, dispense les premiers soins, essaye de les rassurer, donne nourriture, vêtements secs. Après avoir changé de vêtements devant les caméras de la police et les touristes amassés derrière la grille, sont assis à la queue-leuleu en attendant d'autres voitures pour les emmener, je ne sais où !
La police ici, aussi est avec eux très correct, ce n'est pas le cas de ce qu'on pouvait voir de loin à Almérimar où la Croix Rouge n'était pas présente. Moi comme un con, je suis là, à tourner en rond sur le ponton en pleurant. A ce moment, je ne peux rien faire pour les aider, leurs yeux sont grand ouvert, fixes et vides. Il est évident qu'il sont terrorisés et ne doivent pas comprendre ce qu'il se passe autour d'eux. Je ne peux pas les approcher, même seulement pour leur donner des cigarettes, leur parler, les réconforter, leur toucher la main ou même leur dire "bravo pour leur courage". Alors j'arrive à me demander si à leur place je n'aurais pas les mêmes envies de venir en Europe dans une des grandes capitales magiques comme ils en ont entendu parler ou vu à la Télévision.
Combien de courage ou de misère leur faut-il pour quitter leur pays et famille : traverser le Niger, les déserts du Mali, le Maroc et la mer pour rejoindre ce miroir aux allouettes qu'est peut-être l'Europe pour eux ?
Je ne sais pas si j'en aurai moi-même le courage. Et pour une patara arrivée, combien de disparus emportés par les courant qui traversent l'Atlantique sur des milliers de kilomètres ? COMBIEN ? Je ne sais pas ....
IL ME SEMBLE QUE L'Afrique se vide de ses peuples les plus nécessiteux d'une meilleur vie et des plus courageux ! Il faut que cela cesse, il est sûrement temps de rendre à l'Afrique sa fierté et ses richesses. Un contient qui mérite un grand respect et qui au cours des siècles n'ait fait qu'être pillié.
C'est aussi ça la mer. loulive et Mel

















Que faire... le gouvernement des Canaries et de Forteventura ont une idee, ils menassent de deposer une plainte
contre les dirigents du Maroc si ils ne stop pas ce trafique de migrants. on ne sait toujours pas avec exactitude combien de
pateras prennes la mer chaque jour....La plaine depose serait pour gennocid et non assitance a personnes en danger.
voila la premiere action a ma connaissance qui pourrait faire changer les choses.
si d autres personnes on un avi ou des idees. qu ils le disent. pour le bien de tous.
les personnes qui visite actuellement ce site serraient elles devenus insensible ?
Qui va prendre au serieux ce problem? c est peutetres plusieurs centaines de morts certains jours......
Loulive
dans le dernier film de Techine, on voit deneuve et depardieu, a tanger, se baladent pres de la cote en face de l`europe...de
nombreux noirs d`afrique campent la et attendent le depart...donc au sus de tout le monde...
autrement j ai lu un quotidien qui raconte ce que tu as vu...un scandale...ils payent 1000 euros...pres de 4000 morts depuis
1997 que ca a commence...le maroc et l`espagne sont en froid diplomatique...
le travail est a faire en amont...mais il y aura toujours des pretendants a l`aventure...ce qui est grave c`est si il y en a de plus
en plus...
JR
Bonjour,
Vous avez certainement raison... Quelque part!
Comment ne pas songer à sauver ces millions de pauvres noirs, de pauvres marocains, algériens, turc, croates,
arméniens,Tchetchene,et j'en passe... Comment ne pas songer à faire du social pour tous ces braves gens!
Mais, qui va payer le social? Vous, qui vous promenez à bord de votre joli bateau?
Qui vous a dit que tous ces braves médecins Africains etc...Repartaient dans leur pays pour enfin essayer de le sortir de
l'ornière?
Qui vous a dit que le niveau de vie des Français leur permettaient de donner encore plus alors qu'ils sont déjà à la limite de
l'asphyxie.
N'avait vous donc pas pleuré en voyant des milliers de jeunes Français dans les resto du coeur parce qu'ils n'ont pas ou plus de
travail et qu'en quelques semaines ils se sont retrouvés sur le pavé?
N'avez vous pas pleuré en voyant des jeunes couples obligés de voler pour assure la maigre pitance à leurs enfants????
Si vous tenez à faire du sauvetage de miséreux, point n'est besoin d'aller aux Canaries Vous avez de quoi faire dans notre EX
beau pays...
Soyez persuadé Monsieur que cette réponse m'a obligée à beaucoup de modération...Peu être avez vous aussi un chien ?
ô Loulive!
Je viens de lire ton texte Olivier.Il est prenant... Mais tu sais, c'est tout un débat qu'il faut faire là, un pauvre thread ne suffit
pas!
C'est un livre entier qu'il te faudrait érire sur le sujet. Lance toi tu as les éléments, les photos, l'énergie, la volonté et surtout le
désir de transmettre!
J'ajoute que je me trouve actuellement à côté de Louvive... d'Olivier pour les intimes.
Et je vais dévoiler un secrêt.... Meg sa compagne de coeur est de nav' est d'origine d'Afrique du Sud et quand elle appelle l'élu
de son coeur avec son terrrrrible accent anglais il devient : "ô-levieux"!!!
J'avais eu le plaisir de rencontrer Loulive par l'intermédiaire de STW l'an passé.
On se retrouve toujours un jour ou l'autre quelque part sur l'Océan où il se passe quand même de terribles choses
actuellement!!!
Merci "ô-le-vieux" pour ton intervention riche d'informations..
Bonjour à tous et que 2005 soit une année un peu moins marquée par les drames de la vie et de la mer
Bisous marins de Sophie
Cher Mr Jice, je vous trouve bien amer.
Je me promene effectivement en companie de ma femme
sur notre jolie bateau a voile qui est notre maison
depuis plus de 3 ans, qu'il nous aura fallu 6 annees a
restaurer.
Vous dites dans votre courier, vous etres moderre
dans vos paroles et bien "Lachez-vous".
Cela pourrait etre tres interessant a bien des
nivaux je suis sur!
Je vous ferais remparquer Mr ne au bon endroit qu'a
aucun moment je ne vous ai solicite de delier votre bourse ni a qui que
se soit d'autre .
Vous me fait peur, peut-etre vous faites parti de ces personnes don l'argent empoison la
vie et vous frissone a chaque fois que l'on parle d'aide ou de social..
Quant aux restos-du-coeur, pouvez-vous me dire qui les a ouverts?
Certainement pas vous, ni votre argent collecter par l'Etat.
Etes vous alle les aider? Non!
Leur apporte un soutiens technique, moral ou culurel?
Je connais la reponse,c'est encore non.
Je vous rappel cher Mr Jice (ne au bon endroit, et qui
a beaucoup travaille pour tous ce qu'il a) que je n'ai fait que
solicite qu'un peu d'attention et des idees pour en debattre. Ce sujet nous a
particuliarement touches car ca proximitee ces derniers jours etait inevitable, en 1
mois nous aurions peu en compte une cinquantaine - soit plus ou moins 2500
personnes.
Cela dite, je ne pense pas cher Mr Jice (ne....) avoir apercu un representant de votre famille
parrain-eux.
Que cela ne vous empeche pas d'envoyer un cheque dument rempli a
l'association de votre choix afin de soulager votre consience.
Ainsi vous pourrez le libeller a votre propre nom pour savourer
le plaisir d'une rentre d'argent imprevu.
Je vous remercier encore pour votre reponse, cela m'a
permis de dire un peu ce que je pense des personnes qui se pretend represent
un paye parce qu'ils y payent des impots.
Imagine que tous le monde pense comme vous et bien on
est pas sortie de l'auberge.
Chacun pour soi et chacun pour soi, vive l'annarchie annarchique tous
en respectant bien de placer les bonnes couleurs au bon endroit.
Mr.....monsieur comment deja.... je ne vous en veux pas particuliarement, mais
j'ai tellement rencontre de personnes comme vous, ils
voyageant au bout du monde avec leur bateaux et ne connais rien de tous
les payes qu'ils ont traverses. C'est navant.
Avez-vous simplement compris pourquoi ces pauvres gens joue leur vies
en payant 1000 a 4000 le passage?
Et ne pas oublier que si l'on accepter de laisser faire les mauvaises choses pres de nous, on
finira par vivre dans un poubelle morale qui pollura toute l'humanite.
ceci dit pour le soir du nouvel an, AVIS A TOUS
GROSSE FETE SUR LA PLAGE DE MOGANE.
Venez avec vos boissons et cascrouts,
il y aura grand feux et beaucoup de musiciens
qu on se le dise.
bon voeux a tous et que les des de la nature vous sois clement
Loulive et Mel bisous a simone
ô Loulive... Olivier... heu, pardon, "O-le-vieux"... 0)))... (je sais que tu ne m'en voudras pas!)
Tu n'es pas français toi, mais un vrai méridional. Tu as le sang qui bouillonne dans les veines!!! Ça se voit, ça se lit!!!
Allez, il faut laisser la libre-pensée à tous, chacun à une conscience... laisse-la donc à chacun.
Parfois elle doit chatouiller, c'est un problème interne à l'individu...
... Comme parfois il doit se sentir bien... de penser et faire le bien précisement
Mais hélas, les paroles ne changeront pas grand chose au sort de l'humanité, tu sais!
Trève pour cette fin d'année... et que chacun agisse selon son coeur et ses moyens.
Bisous "ô-le-vieux" ... et à ce soir sous un feu d'artifices de bon voeux en tous genres pour la planète et ses humanoïdes!
A+ Sophie
combien de ces pauvres gens as tu accueilli à ton bord pour les réconforter?
j'ai bien peur de connaitre la réponse
il faut parfois relire l'histoire de la paille et de la poutre